Conséquences de l'alcoolisme.

 

 

L'alcool agit à presque tous les niveaux sur l'être humain. Tant au niveau psychique, que physique, l'alcool sévit également dans la vie sociale ou professionnelle.

Les atteintes physiques sur l'organisme sont nombreuses et bien réelles. L'ensemble des organes est exposé. La diminution fonctionnelle du foie est bien connue, mais il faut aussi savoir que les yeux, l'oesophage ou le coeur sont sévèrement touchés par l'abus d'alcool.


L'alcool occasionne d'importants dégâts sur le cerveau. Ces atteintes sont irréversibles, et encore plus marquées chez les sujets jeunes abusant de boissons alcoolisées.


Le système nerveux est touché par l'excès d'alcool : troubles de la marche ou possible survenue de crises d'épilepsie, l'alcool fragilise tout le système nerveux de l'organisme.


Au delà des atteintes purement physiques, l'alcool entraîne également :

L'ensemble de ces dégâts et atteintes représente un très lourd coût pour la société, aussi bien en terme de soins à apporter qu'en terme de force de travail non utilisable.

 

Atteintes physiologiques

L'alcool passe directement du tube digestif aux vaisseaux sanguins.
Il atteint le cerveau en quelques minutes via la circulation sanguine.

L’alcool a plusieurs effets sur les neurones. Le fonctionnement de leurs membranes est perturbé et certaines enzymes ne fonctionnent plus correctement.

 

Cet effet explique l’effet sédatif de l’alcool : l’activité neuronale est diminuée. L’état d’adaptation du corps humain suite à une alcoolisation chronique et prolongée explique la caractéristique du sevrage à l’alcool. Les neurones ont « pris l’habitude » d’être moins réactifs. L’organisme y répond en envoyant plus de stimulis d’excitation. Au début de l’arrêt de l’alcool ce phénomène perdure et entraîne l’état d’excitation connu dans le syndrome de sevrage.
A la fin du sevrage l’organisme se sera réadapté à une transmission neuronale normale.

 

Dommages de l'alcool sur le cerveau.

Atteintes cérébrales

Le métabolisme du neurone est identique à celui des autres cellules. A ceci près qu’il est incapable de se multiplier. Pour son bon fonctionnement et sa survie, il a besoin de vitamines B1 et PP.

Or, l’alcoolisation chronique entraîne des carences dans ces deux vitamines.

La vitamine B1 régule l’assimilation des glucides (source d’énergie) dans le neurone. La vitamine PP y intervient dans la respiration cellulaire.
Leur absence ou carence provoque une dégénérescence du neurone qui va finir par être détruit.

 

Cette atteinte cérébrale est irréversible. Les capacités intellectuelles sont définitivement amoindries.

Les jeunes adolescents sont encore bien plus exposés, car les dégâts occasionnés par des alcoolisations trop massives vont significativement perturber la croissance et le développement de leur cerveau.

 

Symptômes


Démence alcoolique

L'alcoolisation chronique est la troisième cause de démence des malades hospitalisés.
L'abus prolongé d'alcool peut provoquer des lésions cérébrales et donner lieu à des symptômes proches de ceux de la démence.


Hallucinations

Les buveurs peuvent être victimes d'illusions ou d'hallucinations.
La nuance est qu’une illusion est une sensation déformée, à partir d'un élément sensoriel réel.
Par ailleurs l’hallucination est une sensation perçue, sans élément sensoriel réel.

La personne alcoolique est consciente de ses illusions, au contraire des hallucinations qui peuvent conduire le sujet à des actes délictueux, dangereux pour lui ou son entourage.

Les hallucinations auditives sont des sons indéfinissables ou des paroles et propos répétitifs, à connotation érotique, culpabilisante ou persécutante. Les hallucinations visuelles se manifestent plus rarement, et produisent des images monstrueuses, des formes ou ombres menaçantes.


Accidents vasculaires cérébraux (AVC)

L'alcool est un facteur de risque d'accidents vasculaires cérébraux (infarctus cérébral ou hémorragie cérébrale). Associé à d’autres facteurs de risques tel l'hypertension artérielle, le tabac ou le diabète, le risque est encore plus grand.


Perturbations du sommeil

Il a une action négative à la fois sur la qualité et la durée du sommeil et sur la vigilance. Ainsi, les perturbations du sommeil sont fréquentes chez les personnes alcooliques, mais également chez certaines personnes qui ont complètement cessé de boire.
En perturbant le sommeil, l’alcool va tourmenter l’individu également en journée. Victime de manque de sommeil et d’une moins bonne vigilance, celui-ci verra ses performances diminuées même la journée.


Delirium tremens

C'est une affection neurologique gravissime, qui peut se manifester lors du sevrage d'une personne alcoolodépendante.
Elle se caractérise par un état d’agitation avec tremblements, fièvre et troubles de la conscience.


Epilepsie

L'alcoolisme est la première cause d'épilepsie tardive de l'adulte. Les personnes alcooliques peuvent présenter des crises d'épilepsie liées au sevrage. Cela arrive aussi plus rarement dans le cas d’une ivresse.
 

Coma éthylique

La consommation d'une très forte quantité d'alcool peut provoquer un coma éthylique. C’est un coma toxique ou métabolique, associant faiblesse musculaire, difficultés respiratoire, baisses de la tension et de la température.

Le coma éthylique est dangereux, et l'issue peut être fatale !

 

 

Dommage de l'alcool sur Système nerveux.

 

Effets de l'alcool sur le système nerveux :

Le système nerveux est constitué de centres nerveux et de nerfs. Ils permettent de coordonner et de commander l'ensemble des organes de l'organisme.

De fait, le système nerveux envoie et reçoit des messages liés à la sensation, à la cognition et au psychisme.

L'alcool perturbe les signaux nerveux et de surcroît affecte les organes qui les reçoivent. Ces perturbations sont à l'origine de nombreuses manifestations physiologiques.
On retrouve fréquemment des douleurs, crampes, sensation de froid aux extrémités des membres, une faiblesse musculaire.

 

Polynévrite éthylique :

Cette atteinte est due aux carences en vitamine B dues à l'alcoolisation chronique. Elle se caractérise par une douleur ciblant préférentiellement les membres inférieurs et des troubles de la sudation.

Cette atteinte concerne 10% des alcoolodépendants.

 

Troubles de la marche :

L'alcool perturbe le fonctionnement de l'oreille interne, dont le rôle est d'assurer la notion d'équilibre.

Un excès de boissons alcoolisées peut être à l'origine de pertes de l'équilibre ou de vertiges.

 

Crise d'épilepsie :

L'alcool abaisse le seuil épileptogène. C'est à dire qu'il favorise la survenue de crises d'épilepsie lors de grandes quantités consommées.

Les crises d'épilepsie dues à l'alcool peuvent également apparaître après le sevrage, lorsque l'on a arrêté de boire de l'alcool. 

 

 

Les conséquences de la dépendance à l'Alcool : dépression, violences.

Désinsertion

La désinsertion est le fait d’être petit à petit exclu de la société, marginalisé.

Le malade alcoolique ne prend plus sa vie en mains et se laisse aller. Il est incapable d’assumer ou de faire face à des situations difficiles, pour lui-même ou pour les autres.

Ceci est particulièrement problématique car cela nécessite l’implication d’autres personnes (amis, famille) pour gérer son quotidien.

Le malade alcoolique tend à une isolation sociale progressive. Son besoin d’alcool passe avant tout. Il se sent seul et incompris et, de fait, s’auto-isole et se coupe des autres.

Une période de dépendance alcoolique fait perdre la majorité de ses amis et fréquentations. Cela est d’autant plus vrai que la période d’alcoolisation aura été prolongée.

 

Endettement

L’abus d’alcool conduit bien souvent à un endettement à outrance. L’alcool passe avant tous les autres besoins, il devient prioritaire et l’argent utilisé pour payer les bouteilles l’est au dépend d’autres postes de dépenses.

On arrive fréquemment à des situations où l’équilibre budgétaire de toute la famille est mis en danger. Cela se traduit par des privations ou une diminution du mode et de la qualité de vie.

 

Violences

Une dose modérée d'alcool favorise les réactions agressives, à condition que le sujet soit provoqué et qu'il n'ait d'autre choix qu'une réaction agressive. L’alcool interviendrait en facilitant le passage à l'acte délictueux.
Rappelons que l’alcool est présent dans 30 % des agressions physiques et dans 2/3 des agressions visant son partenaire intime...

 

Dépression

Alors qu’il est souvent pris pour ses effets euphorisants et stimulants, l’alcool induit un état dépressif en consommation chronique sur le long terme. Dans 80% des cas, l’arrêt total d’alcool est le seul « traitement » de cet « état dépressif ».

Cet état est marqué par une tristesse, une fatigue, une baisse de l'intérêt et des difficultés d'endormissement. La dépression est provoquée par les effets de l'alcool sur le cerveau ainsi que par les conséquences néfastes de l'alcoolisme sur la vie personnelle, sociale et professionnelle.

 

Troubles anxieux

L'alcool peut de manière transitoire diminuer les impressions d'angoisse. Au long cours l'alcoolo-dépendance majore les craintes, les peurs et l'anxiété. Cette anxiété induite par l'alcool se caractérise par une impression de peur sans objet, invalidante et répétée.
Dans 80% des cas, l’alcool induit le trouble anxieux, et l’arrêt de l’alcool sera le seul remède pour chasser l’anxiété.

 

Troubles cognitifs

La consommation chronique d’alcool génère tout un ensemble de troubles cognitifs qui s’accentue avec le temps. La mémoire est troublée à court terme, la concentration est perturbée. 

 

Perte d’emploi

La dépendance à l’alcool conduit à une diminution notable des performances professionnelles. Concentration altérée, retard et absences à répétition, comportement déplacé envers collègues et supérieurs constituent autant de motifs de licenciement.

D’autant plus que l’état d’ébriété est interdit sur le lieu de travail. La majorité des alcoolodépendants finissent par perdre leur travail s’ils ne soignent pas leur addiction. Tant que l’état alcoolique demeurera, il sera bien difficile de trouver un autre emploi…

 

Expulsion

La perte d’emploi, l’endettement, l’isolement et la désinsertion aboutissent souvent jusqu’à la perte du logement de l’alcoolodépendant. Toutes ses ressources étant allouées à la boisson, d’autres doivent prendre en charge les dépenses de logement. Dans le cas contraire, le processus de désinsertion s’accélère d’autant plus. 

 

Accidents de la route

L’alcool est l’une des principales causes de mortalité routière. Il est responsable à lui seul de près de 30% de l’ensemble des accidents mortels.

Si aucun conducteur n’avait bu en 2008, il est estimé que l’on aurait évité 1000 accidents mortels, épargnant la vie de 1200 personnes.

 

Conséquences familiales.

Conflits

De nombreuses disputent éclatent dans la sphère familiale à cause de l’alcool. L’alcoolique a un désintérêt progressif pour sa famille. Il a aussi un sentiment de honte ou d’abandon de son entourage. Souvent, il réfute ou minimise sa maladie. Les angoisses et les tensions qui apparaissent entraînent des conflits. La problématique est d’autant plus complexe qu’elle concerne un membre de la famille, qu’on ne peut isoler et laisser pour compte. Cette situation fragilise toutes les relations au sein de la famille.

 

 

Maltraitance

La maltraitance est un comportement brutal et violent envers un être faible, dépendant ou subordonné. Les enfants vivant auprès d’alcoolodépendants sont fréquemment victimes de maltraitance. Celle-ci peut être physique, verbale ou encore due à une inattention et un manque d’intérêt pour l’enfant qui est livré à lui-même. Cette négligence peut toucher plusieurs domaines : alimentation, habillement, hygiène, éducation, soins médicaux,… Dans tous les cas ces carences auront un fort impact négatif sur l’enfant et son développement.


Agressivité

L'alcool serait un facteur déterminant pour les délits associés aux levées d'inhibition, comme des conduites instinctives (violence sexuelle et violence physique). L’alcool libère à la fois les comportements agressifs et provocateurs. Cette agressivité peut être sous forme physique ou verbale, et dirigé vers n’importe quel membre de la famille.

 

Manque de communication

L’alcool diminue la capacité d’analyse des éléments et situations. Le malade alcoolodépendant est dans l'incapacité de comprendre les états mentaux des autres. Son manque de sens de l'humour peut affecter les compétences sociales et les relations inter-personnelles. Une communication « normale » est donc impossible.

 

Passivité

L’alcoolodépendant n’a plus de motivation. Il se laisse vivre, devient passif et dépendant face à l’entourage. Il se néglige (hygiène, vêtements, aspect physique, bonnes manières,…) et ne participe plus aux activités familiales. Il n’assure plus non plus les tâches quotidiennes incombant à la bonne marche du foyer. D’autres doivent le faire à sa place.


Violence

L'alcool fait tomber les inhibitions et peut favoriser les échanges « musclés ». Le conjoint est particulièrement exposé aux faits de violence, du fait des reproches formulés à destination du buveur excessif. Ces violences intrafamiliales sont très fréquentes chez l’alcoolique. Tous les membres de la famille en souffrent, conjoints comme enfants.
Cette violence peut tant bien être physique que verbale. Les proches sont tiraillés entre le fait de dénoncer cette violence à la police ou se taire pour protéger l’alcoolodépendant. Laisser faire est pourtant la solution la moins adaptée pour espérer un changement de comportement et une prise de conscience.


Co-alcoolisme

Le conjoint et les enfants vivent un grand sentiment de culpabilité. Ils reprennent espoir lorsque la consommation diminue. Le désespoir revient lorsque celle-ci augmente. A cela s’ajoute la peur du mal que l’alcoolodépendant peut se faire à lui-même ou aux autres.
On appelle les personnes qui vivent à proximité d’un alcoolodépendant ou qui partagent son quotidien des co-alcooliques. Même sans boire, ils développent souvent des troubles psychologiques.


Le co-alcoolisme se met en place progressivement. Il existe également en milieu professionnel, lorsqu’un collègue rempli les tâches de l’alcoolique à sa place ou ne dénonce pas la piètre qualité de son travail. Le fait d’accepter et de « couvrir » l’individu dépendant de l’alcool est du co-alcoolisme. Cela contribue souvent plus à maintenir l’alcoolodépendant dans son état qu’à l’aider car il n’est pas mis face à ses responsabilités.

 

Alcool et couple

La majorité des couples où il y a un problème d’alcool se disent insatisfaits de leur relation. Des difficultés émotionnelles individuelles et de communication sont souvent rapportées par les deux membres des couples où un alcoolique est présent. L’alcoolisme mène bien souvent à une séparation ou un divorce. 

 

Alcool au travail et en entreprise.

 

Fautes

L’état d’ébriété est proscrit sur le lieu de travail. Une simple faute professionnelle susceptible de sanction disciplinaire peut être adressée à l’employé alcoolisé.

La sanction peut aller jusqu’au licenciement. La faute peut aussi être due à un incident survenu à cause de l’état d’alcoolisation (accident dû à une inattention, mise en danger de l’alcoolodépendant ou de ses collègues,…).

 

 

Accident du travail

L’alcool est responsable à lui seul de 10 à 20% des accidents du travail, bien plus fréquents chez les alcoolodépendants. C’est particulièrement vrai dans les domaines où l’activité est manuelle car le risque de blessures est plus fort.

 

Absentéisme

L’alcoolodépendant est fréquemment absent du travail, ou en retard. Cela est du à l’affaiblissement de sa santé et aux effets cumulés des prises d’alcool. Le syndrome de « gueule de bois » peut surgir le matin et empêcher toute activité, notamment professionnelle.

Le désintérêt du dépendant pour son travail et l’état flegmatique dans lequel l’alcool le pousse renforcent encore plus son absentéisme. Sans excuse médicale valable, cela constitue un abandon de poste qui peut conduire au licenciement.

 

Arrêts de travail

La santé fragilisée de l’alcoolique le rend plus vulnérable aux maladies. Les blessures et contusions qui se retrouvent fréquemment chez les alcoolodépendants ne vont qu’accroître les cessations de travail.
Rappelons que l’alcool impacte fortement l’ensemble de l’organisme : cerveau, yeux, cœur, estomac, système nerveux,…


 

Licenciement

Les fautes, abandons de poste, diminution des résultats et les prises de risques induites par le dépendant dans son activité professionnelle peuvent entraîner le licenciement. En cas de litige concernant un licenciement pour ébriété le juge prud'hommal s'assurera que cet usage n'a pas été toléré par l'employeur.

Celui-ci doit satisfaire aux exigences légales en matière de prévention de ce type de risque. L'employeur est en effet garant de la santé au travail de ses salariés. Le service de médecine du travail joue un rôle important dans la détection de la problématique alcool. 

 

Que dit la loi ?

Article L122-40 :
«L’employeur peut prendre toute mesure pour sanctionner un salarié qui serait en état d’ébriété.»

Article L.232-2 :
«Il est interdit à tout chef d’établissement de laisser entrer ou séjourner dans son établissement des personnes en état d’ivresse.»

Depuis 2004, il existe des visites médicales «à la demande de l’employeur». Elles sont très utiles pour les problèmes d’alcool, l’employeur peut ainsi adresser un salarié au médecin du travail.

 



22/11/2012
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