Lettre de Mia.

 

 

Je suis Mia, c'est un joli nom n'est-ce pas? Oui il est sympathique, on l'aime bien en général. Il est doux, chaleureux, c'est rond, plein. C'est court aussi, discret....

 

Mia c'est moi.

 

Jesuis discrète, on peut passer des années avec moi sans même me remarquer. D'ailleurs tu l'as fait non? Et les autres ils le font encore n'est-ce pas?

C'est normal que tu ne saches pas, je sais être discrète, me dissimuler aux yeux des autres et aux tiens même! Enfin c'était avant ça, avant que tu ne me reconnaisses.

Maintenant, on va pouvoir se connaître mieux, beaucoup mieux.

Maintenant, tu vas pouvoir te rendre compte de tout ce que je suis, et de toute l'ampleur que j'ai prise dans ta vie. De tout l'espace que j'ai pu m 'approprier, grapiller au fil du temps, quand tes yeux étaient encore fermés.

J'ai grandi dans l'ombre, je me suis développée, je t'ai observé. J'ai découvert ce que tu préférais, tes faiblesses, les moments où je pourrais surgir pour te réconforter. Mais j'ai pu étudier les autres aussi, ceux qui t'entourent. Les milles et une façons de les berner, de leur jeter de la poudre aux yeux.

Mais c'est tellement simple! Ils sont pires que ce que tu étais!

 

Ils ne veulent pas voir,.....

 

Toi tu ne savais simplement pas....

 

Ceci dit, plus le temps passait, plus tu sentais ma présence. Bien sûr, tu ne me distinguais pas encore, tu ne me nommais pas. Tu as mis du temps, tu t'es même un moment tournée vers ma soeur Ana.

Ana je la connais très bien aussi, on se ressemble mine de rien. On se ressemble même plus que ce que l'on dit. Le problème avec Ana, c'est qu'elle se fait remarquer; à un moment ou à un autre, elle devient trop...voyante.

Heureusement ce n'est pas mon cas. C'est d'ailleurs pour cela qu'on est là toi et moi, Toi non plus tu n'aimes pas qu'on te regarde, pas vrai?

Tu as honte, tu sais qu'on ne verra que le fait que tu es bourrée de défaut et que tu n'es pas à la hauteur.

C'est pour cela que tu te caches, et grâce à moi tu as appris d'autres façon de te cacher, pas vrai?

Et puis moi je sais te réconforter, te consoler, quand tous les autres te délaissent, te laissent tomber, te rappellent que tu n'es rien, te déçoivent, te rabaissent, que tu es vouée à l'échec, moi je suis là. Et je ne te quitte pas.

Je suis là tout le temps, même la nuit. Même à une heure du matin quand le sommeil te fuit, je suis là.

Maintennant que tu me connais, que tu sais qui je suis, je vais t'apprendre. Mia.

Même quand tu croiras avoir gagné, que mes consolations ne te tenteront plus, je serais toujours là dans l'ombre à t'attendre, comme j'ai attendu jusqu'ici, comme j'ai attendu avant.

Tu sais que jamais on ne me quitte? Demande aux autres elles te diront...

Mia c'est pour la vie.

Maintenant que je suis là, tu ne m'en délogeras pas si facilement. Je me suis ancrée jusqu'au plus profond de toi, et je ne te quitterai jamais...

 

Sincèrement Mia.

 

 

 

 

 

 

 

 

Note perso: Ne jugez pas la publication de cette lettre, elle évoque pour moi la souffrance de cette maladie qu'est la boulimie, vomitive ou non. Elle est insidieuse et aussi dangereuse qu'est l'anorexie.

Merci

 



 



01/11/2012
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